De retour de Barcelone, où j'ai bouffé un énorme morceau de gâteau, sans compter et presque les yeux plus grands que la panse. Je le digère à tous les jours, me délectant lentement de ce que j'ai pu voir. Comme un serpent qui aurait avalé un boeuf! La nuit je rêve encore de maisons de Cadaqués, de changements d'endroits, et de visages inconnus. Je me dis que je voyage toujours, tant que ces rêves continuent. Et ils continuent chaque nuit. Sauf là, je prends un break car je ne dors pas.
Cette semaine, 2 jours après mon retour (parce que mon retour fut diluvien), un beau soleil québécois me fait les beaux yeux et m'enveloppe de sa chaleur. Petit quotidien retrouvé, je m'offre une lessive à étendre sur la corde à linge. En plus ça me rappelle l'Espagne, qui, un balcon sur deux, s'improvise une corde à linge de fortune pour étendre son éventuel t-shirt de la Barça entremêlé de linges à vaisselle et de bobettes. Au vu et au su de la ville au grand complet, sans scrupules et dans tous les quartiers. Ya du linge étendu partout et dans les moindres recoins, et pour moi, ça contribue largement au charme du pays. (du moins de la province de la Catalogne, que je n'ai qu'aperçue)
Bref. C'était un beau temps pour étendre, dans les 30 degrés plombants de joie.
Ma maigre job faite, je décide que c'est aussi un beau temps pour m'étendre, et considère que je mérite bien une bonne sieste, le décalage ayant le dos large, et le chômage aussi. Je ressens une petite fatigue après toutes ces étenderies.
et zzzz.....
Puis, réveil brutal. "Eille, fille...eille, fi-iiillle !" Mon voisin Rod dans la fenêtre de la cuisine. C'est pas vrai, me dis-je, encore dans mon sommeil, qui avant l'interruption était délicieusement profond.
Je l'ignore. Théorie "Ignore it, it'll go away".
Il change de fenêtre, le voilà dans le salon "eille, fille, fiiillllee, fillle ! Eille, yououuu eille fille...you ouuuu ?" (siffle, même).....je continue ma théorie, mais je sens qu'elle ne tiendra pas très longtemps, elle marche pas souvent celle-là. Ya l'air beeen décidé. Je suis réveillée mais je ne bouge même pas, me disant qu'avec un peu de chance, soit il va comprendre que je sieste, soit il va penser que je suis partie. Pas de peu de chance. Il s'en vient dans ma fenêtre de chambre. Sacrament. "Eille, mamzelle ! Mamzelle, you ouuu, eille fiiiiilllle...." Je réponds pas. L'osti. Je bouge pas. Il me voit, ça se trouve.
Il refait le coin, retourne à la fenêtre 1, celle de la cuisine, qui donne aussi sur ma chambre, au bout. Finalement, mes fenêtres sont un peu toutes dans ma chambre, vu d'même. "Eille, fiiiiillle....fiiiillle" (j'exagère pas, là)
Je finis par m'écoeurer et succomber. Je me lève bruyamment, pour qu'il comprenne que j'étais couchée, le chat revole (lui aussi était couché) et je dis "Quoi!". Pas "quouaaa?" avec un point d'interrogation. Nenonw. "Quoi!" genre sursaut, presque en majuscules, avec un "tu me fais chier" dedans. Je suis pas souvent plate, mais quand je le suis, je le suis.
"C'pace qu'y'annoncent des orages, j'voulais pas que ton linge sua corde seille trempe !" (c'est vrai que le ciel s'était grisouné depuis l'avant-sieste, je lui accorde)
"Ah ok, c'est beau, j'vas y aller. C'pace j'dormais" (ducon).
Quelques minutes plus tard, j'arrive dehors, l'air grognon, pour monter chercher mon linge que je m'en câlisserais tellement qu'il mouille dessus, au prix d'une bonne sieste satisfaisante d'après midi de juin...
Le voisin me bloque le chemin, j'ai encore les yeux collés.
"Héhé, non mais tsé, j'voulais pas que, tsé, c'pace le ciel est gris han, pis tsé, si t'avais pas été là, ça m'aurait pas dérangé, j'l'aurais rentré ton linge, han. Mais là tsé...héhéhé."
Et j'essaie de l'interrompre dans sa sourde oreille :
"Non non, c'est beau, c'est pace j'dormais, tsé, chu fatiguée. Pis c'pas grave, c'correct..."
Il m'entend pas vraiment.
"Ouaille, t'as bronzé han, en vacances..."
"Ouin. hehe. Pis je suis fatiguée, aussi, c'est parce que j'étais en train de faire une sieste, là."
"héhéhéhéhéhéhéhé" (ya un de ces rires.....quand on se relève d'une sieste interrompue brutalement, c'est assez killer)
J'abandonne cette grande discussion et je monte chercher le linge qui aurait vraiment pu supporter l'orage, par le balcon de ce cher voisin qui m'a gentiment offert le droit de passage à la corde à linge, et dont j'abuse joyeusement l'été. Toujours ben ça de bon.
Ce jour-là, j'ai assumé que je commençais sérieusement à faire une écoeurantite aigüe de mon voisin qui s'emmerde, qui se berce dans l'entrée d'asphalte toute la journée (j'ai d'ailleurs perdu ma place de stationnement cet été, soi-disant pour cette raison), qui fume des pipes, qui tousse et re-tousse, qui fume des cigarettes entre ses fumages de pipes, qui vient me tousser ça dans mes fenêtres (vive le rez-de-chaussée), que j'entends tousser comme un damné à travers le plafond, qui a une chaise qui berce jusqu'aux petites heures juste au-dessus de mon lit, et finalement, que ma mère a pogné en train de pisser dans le fond de la "cour" l'autre jour. Toute pour se faire tolérer. En plus il est imbibé de cette odeur de pipe, et sa maison, voire même la mienne, aussi.
C'est triste la solitude des gens âgés, encore plus triste quand on a le loisir d'en témoigner jour après jour. Oui ça me met mal à l'aise et ça me rend triste de le voir piétiner et chercher quelqu'un a qui parler.
Mais me crier dans mes fenêtres, sieste pas sieste, je peux pas.
Autre anecdote, qui vient d'ailleurs de se passer, et qui fait que je suis debout en pleine nuit pour écrire (toujours ben ça de bon) parce que je pense trop à ce que je vais lui dire pour être capable de dormir...
Ce soir. Fête d'enfants, c'est la fête à Mali. Me suis occupée de 3 petits gars toute la soirée. Un plaisir et j'étais lessivée (haha) quand ça a été fini, couché.
Comme à toutes les nuits, j'ai mis le chat dehors. Sauf que la nuit, quand je le mets dehors, il miaule pour rentrer, une heure ou deux après. Il me fait ça généralement 2 fois par nuit et je me lève pour le rentrer chaque fois. Ou presque.
Sauf que ce soir, j'ai envie de dormir. Je le mets dehors et je me sacque des bouchons dans les oreilles. Ah les bouchons magiques. Ça, des fois, ça dort bin en crime quand t'as vraiment besoin de dormir. On en a toutes abusé en Espagne !
Pis même dans l'avion, au retour. Oua. Moi, je me mets ça, pis bonsoir la compagnie.
Bref. Bouchons-chat-dodo.
Je dors, je dors vraiment dur, ça va bien, tout le monde est heureux et j'espère que le chat se débrouille. Pfff, que dis-je, j'espère rien ! Je dors ben trop dur pour espérer quoi que ce soit !
Puis, 2 heures du matin (ça fait peut-être 2 heures que je dors), j'entends un petit bruit alarmant à travers mes bouchons. Tak tak tak tak tak tak. "Quessé ça ?" me dis-je z'en mon moi-même. Tak tak tak tak tak tak. Première réaction, encore : bouge pas. Ça cogne dans porte ? Non, ça cogne dans fenêtre. De chambre. Tak tak tak tak tak tak. Là, je suis réveillée. Mais je me demande c'est qui. J'ai même peur. Ya eu un meurtre à St-Sauveur pendant que j'étais partie. J'ai 3 petits qui dorment dans le salon. Grrrrr. Maman ours n'aime pas ça.
J'enlève mes bouchons, et je vois une tête blanche se résigner et partir (j'avais exceptionnellement oublié de fermer le store). Asti. Le voisin. Dans ma fenêtre de chambre. ASTI. Là je suis vraiment en crisse. Il venait cogner dans ma fenêtre de chambre parce que le chat devait miauler pour rentrer, ai-je équationné une fois sortie des vaps. Ah non, là.
Ça fait au moins 3 fois que je lui dis de ne pas rentrer le chat, le jour, par la porte de derrière, 5 minutes après que je l'aie mis dehors.(j'ai un portic, un tambour, en arrière, non, il n'ouvre quand même pas encore la porte de maison !)
Mon chat est tèteux devant une porte. Si quelqu'un de connu passe, il va demander à entrer. Moi je veux qu'il reste dehors le plus souvent possible, C'EST UN CHAT !
Même la nuit, s'il miaule pour rentrer ! Il est pas maltraité, il est toujours nourri et abreuvé et il fait pas moins mille dehors. C'est l'été, et c'est la nuit, les chats gris pis toute. Phoque.
Tak tak tak tak tak tak. Là, comme dirait ma mère, ça bat quatre as.
Non mais venir cogner dans ma fenêtre de chambre la nuit parce qu'il entendait mon chat pleurer et que j'avais des bouchons dans les oreilles. Ya toujours ben des limites.
En plus j'ai eu peur que ce soit un meurtrier.
Non seulement ça, mais ça m'empêche de dormir et j'écris tout ça ici pour me divertir.
grrrrrrrrrrr.
J'ai hâte à demain.
Je vais aller mettre mes bouchons, asteur que le chat est couché dans mon lit.
J'ai aussi des crêpes à faire demain matin, tantôt.
grrrrrr Maman ours.
grrrrrr.
Vi la Vi

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