Je suis en train de devenir une goutte de pluie frette. Plic plac ploc dans mes fenêtres, je cherche la chaleur comme un chat pas de poil. C'est printemps et c'est automne. Je ne sais même plus qui c'est. Octobre et avril se sont mariés hier soir, et ont continué leurs festivités jusqu'à tard dans la nuit, pour les reprendre à pied levé dès les premières lueurs du matin. Le vent s'est mis du party et mes maigres petits cheveux se sont envolés en sortant, me collant une pluie irritante au visage au passage.
Je suis de celles qui prennent souvent ça avec un grain de sel, me disant qu'il y a toujours du bon et de l'éphémère quelque part entre 2 nuages qui sont déjà sur leur départ. Je suis aussi de celles qui, paradoxalement, font de la pluie et du beau temps, la plupart du temps, leurs états d'âme.
Ça prend alors une p'tite force, un p'tit coup de fouet, pour ne pas succomber à la grisaille des pensées grises qui tombent à la mesure des nuages qui se défont pour devenir pluie. Ouate de ciel, tout se confond en une grosse matière grise qu'on appelle ciel, chapeau bas, je vous salue bien bas, etcetera.
Je ne me souvenais déjà plus de l'année passée, pareille date. Il y a 360 quelque jours. Je nous lis en cachette de moi-même. J'aime pas trop retourner la terre des vieilles lettres et des émotions finies...mais je suis curieuse comme un chat qui se brûle le nez sur la chandelle. Je me dis wow. C'était juste l'année passée, ça ? Ressasse et ressasse, ça fait beaucoup trop de s. Je pourrais même remonter à plus loin dans les 800 quelques jours et plus, grande archiviste que je suis, mais là, je n'y vais pas. Et je garde tout ça, je ne me souviens plus pourquoi.
Je ne me souviens déjà plus de l'an passé, pareille date, même décor, peut-être ? Je ne sais pas, je n'écrivais pas toutes les températures. Je ne me souviens déjà plus de la chaleur du soleil de lundi passé, avant avant avant-hier. Ou si peu. En pied de bas, couchée sur une roche, en pleine ville de bord de fleuve. Mali cassait des roches. C'était presque tranquille.
On ne se souviendra de rien, et avant longtemps, on se plaindra de la chaleur collante qui colle dans le béton, qui fuit dans les champs. Nous sommes de pauvres petites bêtes qui perdent sans cesse la mémoire, braillant sur un p'tit coup de bleu-gris frette qui sortira par la porte d'en arrière de ce que l'on oublie à mesure.
Je suis un pays, je suis un printemps, j'aime être ces choses. J'ai le froid le chaud le coeur en slotche fondue, le coeur au festival de rien, les yeux en feu, la bouche en coeur et le coeur à sonne. Je m'abrite sous mon grand col roulé baveux qui pend, je le remonte jusque sous mon nez, bleu outremer, la laine et c'est le 28 avril. Je suis un coup de vent, je suis un col roulé bleu, je suis un chat pas de poil qui se plaint et qui a peur parce que Maîtresse a oublié de remplir mon bol de bouffe qui finit toujours par être rempli anyway.
Lundi passé, j'ai dit à mon propriétaire de baisser le chauffage, qu'on crevait dans notre maison. J'ai même saigné du nez pour la deuxième fois de ma vie et je n'ai pas aimé ça du tout. Pas beau, du sang qui sort du nez.
Bleu blanc rouge, rien ne bouge qui vaille la peine d'avoir de la peine de se souvenir de tout ça. Comme ce que j'écris là.
Je ne m'en souviendrai même plus demain. Presque.
Pendant que j'écris, on dirait déjà que la lumière tasse quelques nuages pour venir jusque sur nos têtes. On dirait le soleil. Presque.
Hier soir l'autre Pigeon m'a envoyé un courrier : " Aux mots, les pigeons! " c'est tout.
Je pense que c'était un ordre.
Vi la Vie pendant que le tussilage, lui, il pousse, tsé. Je ne suis pas d'âne !





*Je suis un pays, je suis un printemps, j'aime être ces choses.* Comme c'est tout simple avec du joli, joli dedans ce plat, tout en poésie, tout en lumière, en lumin'air, presqu'en stéréo. Joliment beau ton texte chère pigeonne; ça bourgeonne aussi; c'est chaud même si y'a du frette qui entre quelque part. Virgini et ses mots; ses mots car ils sont d'ailes, comme un envol qui prend forme. *Pendant que j'écris, on dirait déjà que la lumière tasse quelques nuages pour venir jusque sur nos têtes. On dirait le soleil. Presque.* Et on le sens ce soleil qui tasse les nuages; qui veut respirer, prendre à ses aises, la place qui lui revient. Oui j'adore ton écriture, car elle danse et ça nous permet de danser, nous aussi; on se laisse porter comme dans une vague, sur une goutte d'eau, vivante, très vivante............. Faut écrire, encore écrire jusqu'à ce que la mine devienne crayon, vérité et imagination. À la plume, aux chansons pour donner du chapeau à la déraison et des fleurs et de la couleur aux odeurs de ton coeur. Sans hésiter, respirer... Bravo madame Vi !!!
RépondreSupprimer* Hier soir l'autre Pigeon m'a envoyé un courrier : " Aux mots, les pigeons! " c'est tout.
Je pense que c'était un ordre. *
Comme je suis fier d'avoir osé; parfois de pousser, ça fait des fleurs en multi-couleurs...
* pas d'âne, ou j'm'en souviens pus. * je crois que c'est celui que je préfère et j'en veux encore et encore. P.S: ce n'est pas un ordre !!!
C'est de l'amitié xx
Merci pigeon pour ton beau mot et l'ordre gentille que tu m'as donnée... Des fois les silences sont bons, des fois les mots le sont tout aussi. Et l'amitié est là, fidèle, comme un cadeau. Yé. Xxxxxx
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