Ah oui.
Samedi passé, je suis allée chez Omerde Serres, m'acheter des peintures, des pinceaux, et UNE toile. Pas n'importe laquelle, une 4 pieds par 5 pieds, rien de moins. Commande oblige, tsé. Pogne la toile au 2e étage, fais des beaux yeux au monsieur en pensant qu'il allait m'aider, mais il m'a juste montré comment la trimbaler. Pratique descendre les 26 escaliers avec ça, quand tu mesures 5 pieds 2. N'empêche que je fais un peu ma smatt en me promenant mine de rien dans le magasin, pendant que tout le monde me regarde, je marche comme si je transportais un petit chapeau...fière pette.
Je prends le temps de regarder (encore) ce que j’achèterai pas , parce que j'ai pas besoin de ça (mon dieu que je suis rendue simpliste volontaire, ça m'a fait du bien d'être tout le temps cassée pendant un moyen boutte) et finalement, je me trimballe jusqu'à la caisse pas sympathique avec ma grosse toile de fou. Je fais un peu de gentillesses et de commentaires à propos de la toile à ma caissière, mais rien n'y fait, elle est sneub et ne rit pas. Paye tout ça pendant qu'elle me récite (comme à chaque hiver) "L'acrylique ça peut geler, il faut pas laisser les tubes dans l'auto trop longtemps", (ben oui, ben oui) Puis : " Les pinceaux en liquidation, c'est pas remboursable ni échangeable" (eille, t'as tu fini de me faire des reproches, j't'ai rien faite, la sneub !). Sors dehors. Fait frette comme chez le loup. Le vent pogne dans touèle pis je suis stationnée à l'autre bout de la place. Arrive à mon auto, ouvre la valise, je me sens tite toffe un peu, j'avoue, avec ma grosse toile pis ma valise de char.
Deux ados-pré-adultes passent, cigarettes aux becs. pas de tuque, manteau ouvert, pas de mitaines, erien.
-Avez vous besoin d'aide, madame, avec ça ?
(yyiiiiiiessss, en plus y m'appelle madame....)
-ouin, phoque, j'pense que ça rentre pas...
-ça pas l'air han?
- attends, là, j'vas ouvrir la porte, peut-être par le côté...
(il donne sa cigarette à son ami)
-Peux tu t'nir ça ?
(son ami se retrouve avec une cigarette dans chaque main)
On essaie de rentrer "ça" dans le char, mais rien à faire, même si je suis têtue, ça veut pas.
L'ado pré-adulte est bien embêté, en plus il a froid avec son manteau ouvert. Il se désole et repart après mes mille merci beaucoup...
Bon....
Après avoir ressayé de rentrer "ça" encore, par où ça rentre pas, faut que je me résigne pis que j'aille me faire rembourser par la sneub.
Traverse le stationnement, le vent, les passants, le monde qui attendent dans leur char en marche pendant 20 minutes pendant que Chose en dedans magasine. Monte les escaliers, morve au nez, doigts gelés, yeux qui coulent, toupet collé dans le front, pour aller me faire rembourser. Avec la face qu'elle a, faisait quasiment plus chaud dehors.
Ce n'est que partie remise pour la toile. ça me permet d'y rêver encore un peu. J'ai même trouvé un ami que j'aime bien qui a un camion plus gros que mon chawr. Tu vois comme c'est ben fait la vie.
Je ne suis pas pressée. Cet hiver, là, là, je bouge lentement, je me le permets. Je remets ça à la semaine prochaine, ou un autre jour.
Pas juste dans le sud qu'on prend ça cool. On fait ce qu'on veut quand on peut pis quand on veut. Tsé. Pis le froid, ça ralentit. Tous les mammifères savent ça.
Vi la Vivi

Un de mes textes préférés; une vraie vue mais tellement bien racontée qu'on a pu besoin de le voir sur un grand écran; on l'a dans face.
RépondreSupprimerBRAVO
Tu portes la lune....c'est ça ton écran et c'est géant de tendresse xx