mardi 1 février 2011

Sea Lion Woman


Ma première cabane, la première, la vraie première, c'était dans un petit bois sur l'île de Hornby, dans l'western canadien. Entre l'île de Vancouver et la terre pleine de la Colombienne britannique. J'avais une 19aine d'années et j'étais avec ma cousine, à l'époque où on faisait les fées des bois avec chacune notre chien. Les amis nous appelaient les pixies.
Des immenses cèdres qu'on pouvait s'asseoir dedans pis une tite cabane pourrie au loyer trop cher au fond de l'entrée. Petite petite maison avec des murs en cartron pis l'humidité toute incluse. On était quand même entourés de ce qu'on appelait l'océan, même si c'était "juste" le détroit de Georgia on my mind...Nous autres aussi on chauffait le baril comme en Afrique en écoutant du reggae mur à mur et en se brassant les cacouettes de bonheur. Hiiiii c'est loin. Pas d'eau courante non plus, évidemment. C'était pas l'ère de la grande hygiène corporelle, mais des fois on allait prendre une douche chez quelqu'un. L'eau sentait le pet partout sur l'île, c'était merveilleux.
C'était la plage au bout de la rue, l'océan sauvage et les forêts folles tout autour. Plein de mousse, de fougères, plein d'arbres immenses, je partais à rêver toute seule, c'était pas très compliqué la vie de fée. Y'avait un monsieur qui se promenait toujours à cheval pis qui nous vendait des produits qui rajoutaient des arbres pis plein d'oiseaux dans nos yeux, après, sur la plage pis dans la forêt.

Il y avait toujours des aigles qui planaient au-dessus de nous, des zérons et tout le reste du règne oiselier, et à l'automne-hiver, des lions de mer dans un secteur particulier de l'île. Des soirs de lune d'hiver, on les entendait japper toute la nuit à travers les murs de carton.C'était leur saison des amours et c'était magique d'entendre ça.
Une nuit, on s'est aventurées pour aller les voir sur leur plage. Faisait noir, pas de lune, on les entendait tout autour de nous et très proche, mais on ne voyait RIEN ! On aurait pu se faire engloutir par ces grosses patentes là !

Une autre fois je suis tombée en bas de la galerie de la maison, je m'étirais pour regarder quelque chose et la garde avait lâché....c'était tellement pourri ! J'étais tombée d'un bon 4-5 pieds, dans une belle petite pente et sur la tête, ça avait fait craque dans mes oreilles et j'avais eu très peur. Après j'ai eu droit à des sessions de massage recommandées par un médecin. Je devais, pour ça, emprunter un des mille sentiers de l'île, par la forêt, monter sur la montagne et aller chez cette madame merveilleuse qui m'a guérie et dont je me souviens encore très bien.
Je me souviens, et à tout jamais, de tous ces sentiers que j'ai appris à connaître par coeur la nuit. Lune pas lune, sinueux pas sinueux, mes pieds ont appris à sentir.
Je me souviens du voisin collant mais gentil qui venait nous raconter sa vie. Il nous avait offert des plumes d'aigle en cadeau, qu'il avait été cueillir dans des coins secrets de l'île qu'il connaissait par coeur...j'en ai d'ailleurs encore une, plume.

Je me souviens de bien des choses, comme le gars qui s'était construit une maison-panier. Un gros panier géant comme maison, qu'il avait tressé lui-même. C'était fou toutes ces choses.




1 commentaire:

  1. C'est fou les cabanes qu'on aiment
    Des cabanes où la vie est passée
    Comme des bijoux d'éternité xx

    RépondreSupprimer