samedi 19 mars 2011

sa,me,di.

J'ai lu quelque part que les filles habillées en rouge attirent d'avantage les gars. Selon une étude scientifique très poussée, s'entend.
J'ai failli mettre mon chandail rouge ce matin pour aller au café, en pensant à ça et en riant de moi. Finalement je ne l'ai pas mis, je le sentais pas. Ça arrive, ça, aux filles, aussi. Enwoueille ma nouère, black is black, baby's in black, back to black, (wo)man in black, back in black, paint it black pis toute.

J'arrive au café. Il me reste une place en vitrine, la place que j'aime. Cette vitrine c'est comme une grosse tivi, mais en mieux. Je m'installe à côté de deux filles aux chandails rouges et je ne peux pas m'empêcher de rire intérieurement. On aurait été drôles, les 3 en rouge dans vitrine.
Ya un gars qui lit William Burroughs à côté de moi, pis un autre livre. Moi je lis Brigitte Fontaine, puis je zigonne avec mon ipod, puis j'écris à la main dans mon calepin. Samedi multi-tâches au café. Le gars aussi écrit, mais lui c'est un intello. On s'espionne du coin de l'oeil quand l'autre regarde pas.
J'ai failli me faire pogner. Y ressemblait à Xavier Dolan, mais en moins pire.

J'ai brisé un miroir hier soir. En fait il s'est brisé tout seul. Vlan, vers 11 heures, le miroir en éclats à côté de mon lit. Je l'ai laissé choir.  Plus tard je l'ai au moins mis en tas avec mon balai.  J'ai marché nu-pieds autour des morceaux. C'est mon Red Boule Crashed Ice. Je ne l'ai toujours pas ramassé.
Laxisme du vendredi-samedi, bon.
Ayant récemment obtenu ma consécration de sorcière, j'ai tout le loisir de ne pas croire aux 7 ans de malheur qui s'impose. Pentoute. Par contre, j'ai cette déformation de croire à la magie d'un miroir cassé, cet évènement du destin. Si je ne l'ai pas ramassé, c'est 1. Par simple Paresse avec un grand P, 2. Pour laisser son corps refroidir, parce que dans ma tête de moineau, je pense qu'il y a un peu de vie, là-dedans !

Je fais un aveu : j'ai mangé une madeleine avec mon café. Je fais un autre aveu : j'avais jamais mangé de madeleine de ma vie. Je me suis vue dans l'obligation d'atteindre le 5 piasses parce que je payais mon café avec ma carte de guichet. J'ai pris la première affaire du bord. C'était pas si bon. Sec un peu. Pis moi, les desserts pas de chocolat, je trouve ça bof. En plus c'était pas si sucré pis j'en ai mis plein dans mon chandail.

Finalement les deux Lady in Red à côté de moi sont parties avec leurs sacs d'école et leurs petits travaux. Restait le gars avec des grosses lunettes et moi, en avant de la grosse tivi.  Lui aussi est parti. Ça m'a pas dérangé. Moi je regardais encore la tivi, puis mon livre, puis les autres choses, en finissant ma madeleine pus de café qui tardait à se faire avaler. J'ai vu encore des gens qui ressemblaient à leurs chiens puis des personnages du livre que je lisais qui défilaient dans tivi.  Le bon peuple du sang est un très beau livre qui me rend jalouse un peu.

Un gars louche m'a gâché un peu la fin de parcours, en venant s'asseoir à côté de moi. Il a commencé par s'excuser de devoir s'asseoir à côté de moi.  Après il a dit : "Ah que c'est pas facile la vie".....ça partait beeeeen mal. Une chance que j'avais pas mis mon chandail rouge pour exciter son colibri intérieur. Fiou. Merci, merci, moi. Le noir, c'est vraiment plus sécuritaire, dans ces situations-là.
Il a sorti une revue, me parlait sans arrêt, en me montrant la couverture de la revue, une blonde quelquonque : " T'as trouves tu belle, elle ?"..."Euh, oui oui." Et merde. Ouvre ta revue pis lis.  Il buvait un gros verre de lait et un gros biscuit.
Il me montre une fille en sous-vêtements, dans la revue. Rouges. "As-tu vu ça?", qu'il me demande. Je hausse des épaules, des sourcils, je hausse de toute.
Il me dit, en faisant des grands gestes avec ses bras : "Eille, excuse moi, je parle beaucoup, j'aime ça parler, chu un....un verbal." "Mhm...c'est correct" Il passait son temps à s'excuser, le pauvre. Moi j'haïs ça les verres de lait. J'ai pas bu un verre de lait depuis 20 ans au moins.
Il reprend : "Non mais tsé, ché pas pourquoi a pose de même, tsé, sont pas obligées d'accepter ça, tsé...." (non mais buddy, c'est parce qu'y'en a des pages et des pages, dans ta revue...) Là, ça faisait. J'étais bien moi à écrire d'une oreille pis écouter Boris Vian de l'autre.
Je lui ai lancé un "Eille, c'parce que j'essaie d'écrire.", sec comme ma madeleine.
Ya pris son trou, pis ya continué de zyeuter sa revue en silence. Ouf.

Pas longtemps après, je me suis levée, mis mon manteau-foulard. Il m'a dit : "Excusez moi de vous avoir dérangé..." l'air piteux. J'ai encore haussé de toute, mais en souriant avec mon sourire de bonne maman. Je prends mes sacs. Il me dit "Vous êtes très gentille."
J'avoue que j'étais un peu déçue de ne pas pouvoir passer pour une méchante sorcière.
Je suis partie dans le soleil blanc de mars, avec mes lunettes de soleil. Je pensais que j'étais aveuglée par le soleil, je ne voyais presque rien. Presque rendue chez nous j'ai eu l'idée d'essuyer mes lunettes. Elles étaient très sales. Le soleil était plus blanc que blanc, après.





Vi la Vi dans la Vie qui Vit

1 commentaire:

  1. ayoye je suis sur le cul...quelle culbute tu nous fais avec ton sa-me-di... merci, c'est bon même un dix manches
    France

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